Jeudi 12 janvier 2012
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Téléphonie mobile. C’est l’une des révélations d’une thèse de doctorat soutenue à l’université de Yaoundé 1 en décembre 2011. Sur un échantillon de 851 usagers triés de 50 000 Camerounais utilisant
le téléphone portable dans quatre régions du pays, une étude vient de montrer que 11,6% l’utilisent juste pour « biper » (lancer un appel pour que son destinataire vous rappelle, ndlr). 65,1%
appellent effectivement et régulièrement, tandis que 22,6% l’utilisent pour envoyer des Sms (messages succints). Cette posture psychologique est observée chez nos compatriotes utilisant le
téléphone portable par David Toguem, docteur en géographie économique, lors de la soutenance le mercredi 21 décembre 2011, de sa thèse de doctorat (Ph.D) sur « télécommunications et développement
dans le grand Ouest ». Elle varie encore selon qu’on se trouve en zone urbaine ou rurale. « Dans les campagnes, on attend plus les appels qu’on n’en émet ». Dans certains cas, des utilisateurs ont
avoué en être réduits à la manipulation de deux fonctions seulement du clavier. C’est en étudiant « les effets des télécommunications sur l’organisation de l’espace, l’économie et la vie
quotidienne » des habitants du grand Ouest (régions administratives de l’Ouest, du Nord Ouest, du Sud Ouest et du Littoral) que l’auteur est arrivé à ces détails. Menée entre 2005 et 2007,
l’enquête de terrain, qui intègre 13 localités de cet « espace géographique représenté », confirme que le rapide passage des moyens de communication traditionnelle (tam-tam, griot, marché
périodique…) à ceux modernes (Tic) se traduit par l’évolution du plan de numérotation, l’explosion de l’offre et la réduction des prix. « Le comportement des usagers a beaucoup changé », note-t-il.
Efficacité accrue, compétitivité, dynamisme et coordination des activités économiques se traduisent par des flux financiers importants. Une rapidité et une flexibilité préjudiciables au téléphone
fixe, dont l’utilisation se réduit progressivement aux services publics. Idem pour la baisse de l’activité postale, qui pourrait même s’aggraver avec l’e-banking. Seulement, pour n’avoir pas
circonscrit des indicateurs précis de développement pour la comparaison, « l’évolution vers une société nouvelle » a été difficilement mesurée. Le jury, présidé par le Pr. Jean Louis Dongmo et
composé des Pr. Assako Assako, Kengne Fodouop, Paul Tchawa et Kolyan Dina Taiwe, en regrettant l’insuffisance des données quantitatives pour « un sujet immatériel comme les télécommunications », a
reconnu l’originalité du sujet et lui a décerné la mention « très honorable ». Franklin Kamtche
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